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EMIG C. Christian
BrachNet
20, rue Chaix
F-13007 Marseille

* Directeur de Recherches
Honoraire CNRS

 

 

 

Introduction

Les émigrants

Les fermes dans la généalogie
des émigrants

Conclusion

Références

Notes


 

Citation

 

 

Version

 

Emigrants Schürch de Sumiswald (Suisse) aux USA [1]

 

Christian C. Emig *

[Résumé - Abstract]            

Version            

 

Introduction

Le rapide développement des recherches généalogiques dans les pays européens, notamment en France, Suisse, Allemagne, a permis au cours des dernières années de compléter et modifier de nombreuses données. Il est utile de rappeler les nouveaux moyens mis en œuvre :

  • La numérisation des archives paroissiales et d’état-civil, avec mise à disposition gratuite.

  • L’usage de logiciels de généalogie toujours plus performants, peu chers, voire gratuits - Mac/PC indispensables pour les échanges.

  • L’uniformisation des techniques de numérotation des lignées (ascendantes et descendantes – voir Emig, 2014b) obtenue directement avec les dernières versions des logiciels Mac/PC, comme Heredis et Geneweb. Ceci rend difficile une comparaison des résultats actuels avec ceux établis selon d’anciennes méthodes, devenues obsolètes.

  • Les échanges entre généalogistes se sont amplifiés avec les mises en ligne de nombreuses généalogies tant sur des sites web personnels que sur des sites gratuits consacrés à la généalogie, comme le site français Geneanet qui connaît une forte progression (6e mondial et 3e des open-access) et qui bénéficie de la législation française et UE (Union Européenne) très favorable à la publication des données personnelles, liées à la généalogie.

C’est dans ce contexte, qu’il a paru opportun de reprendre l’ascendance suisse des branches américaines des Schürch en se focalisant strictement sur les membres des Schürch ayant comme Bürgerort Sumiswald, dont je suis aussi issu, et ayant tous un lien de parenté. La liste des immigrants "Schürch", publiée par Sherk (1982) (Table 1) et reprise par la "Schürch Family Association of North America" ne tient pas compte de l'origine (Bürgerort) des immigrants, ni de leurs noms et prénoms originels [2], ni de ceux de leurs parents. Or, s'appeler Schürch n'implique pas, loin de là, que tous les porteurs de ce patronyme appartiennent à la même famille : au moins 19 familles distinctes porteur du nom Schürch ont été recensées en Suisse (Fig. 1), la plupart sans lien de parenté et disposant d’armoiries distinctes. En outre, ce nom existait déjà au Moyen-Age dans d’autres pays, notamment du Saint Empire Romain Germanique (dont l’Alsace, la Lorraine et la Franche-Comté faisaient partie au moins au XVIe-XVIIe siècle).

Fig. 1. Localisation des Bürgerorte (aussi nommés Heimatorte) des familles Schürch de Suisse - en 1800 sur un fond de carte géographique des cantons, datant de la même année, avec les armoiries de la famille Schürch de Sumiswald [Bürgerort]. Aujourd'hui, ces lieux ont été élargis pour les famillee Schürch et la liste actuelle est : Alberswil, Altishofen, Altbüron, Arni bei Biglen, Büren zum Hof, Ettiswil, Heimiswil, Höchstetten, Luzern, Menznau, Niederhüningen, Neuenkirch, Nottwil, Othmarsingen, Roggwil, Rohrbach, Rothenburg, Seeberg, Sempoch, Sumiswald, Sursee, Weggis, Wolfisberg, Wohlen.

Table 1. Liste des immigrants Schürch, avec codes, date d'arrivée et nom des navires, d’après Sherk (1982, p. 11). 37 ans après cette publication, il est nécessaire de la confronter aux récentes données généalogiques suisses et françaises. En rouge : les Schürch de Sumiswald - les autres personnes n'ont pas de parenté avec les précédents.

Immigrant Date of Entry Ship
A.  Jo. Sherrick

1635-07-27

Primrose

B.  David Scherkes

Unknown - in Germantown, PA by November 8, 1684

[Concord]

C.  Joseph Schürgh

1727-09-27

James Goodwill

D.  Dobias Schorch

1727-09-30

Molly

E.  Uli (Ulrich) Schürch

1728-08-23

Mortonhouse

F.  Udry (Ulrich) Schürch

1728-08-23

Mortonhouse

G.  Johannes Schorck

1728-08-23

Mortonhouse

H.  Kasper Schirch

1732-05-15

Norris

I.  Hans Jacob Schorck

1732-09-30

Dragon

J.  Dafid Scherkh

1747-10-09

Restauration

K.  Jacob Schorch

1747-10-09

Restauration

L.  Gorg Schorkh

1751-09-05

Shirley

M.  Johan Jacob Scherick

1751-09-16

Nancy

N.  Uhilerich (O) Schergh

1752-09-23

St. Andrew

O.  Johan Matthes Scheurich

1752-11-22

Phoenix

P.  Valentin Scheurich

1752-11-22

Phoenix

Q.  Jacob Scheurich

1752-11-22

Phoenix

R.  Hans Martin Scheurich

1752-11-22

Phoenix

S.  Ludwig Schorch

1753

Unknown

T.  Hans Martin Schierg

1754-10-22

Halifax

U.  Philip Jacob Schorck

1754-10-26

Mary & Sarah

V.  Sebastian Schürch

1771-11-19

Tyger

W.  Thomas Shark

1774-05-01

Sally

X.  Andrew Scherck

1792-09-23

Fame

Y.  Mr. & Mrs. Schürch

1805-08-04

Liberty

En 2015, une nouvelle liste des émigrants Schürch de Sumiswald vers les USA a été dressée avec l’aide de Justin Houser (Emig, 2015b et mise à jour dans ce travail (Table 2). Cette liste est comparée avec l’arbre généalogique suisse (Fig. 2) pour identifier les ascendants de ces émigrants, ainsi que les fermes dans lesquelles ces ascendants ont vécu. Les données complètes sont disponibles sur le site Emig de Geneanet (ainsi que sur le site abouisson de Geneanet), et sur le site web Emig.

Les émigrants

L’arbre généalogique de la Figure 3 nécessite plusieurs explications et remarques afin d’être bien comprise par les descendants étatsuniens et canadiens des émigrants suisses. L’ensemble des données personnelles a été obtenu à partir de registres paroissiaux ou d’état-civil ou de documents historiques bernois, alsaciens, allemands. Les copier-coller depuis des sites web publics ou privés, notamment ancestry.com, familysearch. org, geneanet.org ne sont en aucun cas des données fiables, sauf s’il y a référence à un acte officiel consultable : cela vaut expressément pour les généalogies suivant les règles aujourd’hui admises dans les pays européens (Emig, 2014b, 2015a). Les dates en bleu, provenant de données étatsuniennes, sont mentionnées ici sous toute réserve. Les références à la mémoire familiale, par transmission orale ou écrite (livre ou autres récits) doivent toujours rester sujet à caution, car les erreurs sont nombreuses en l’absence de documents officiels. Néanmoins, les données inscrites dans les Bibles familiales peuvent être une source en généalogie.

Fig. 2. Arbre généalogique ascendant des émigrants Schürch de Sumiswald (voir aussi Fig. 3). Données extraites du site Emig de Geneanet

Une attention toute particulière doit être portée au nom de famille (patronyme ; voir note [1]). En Europe, ce nom ne subit qu’exceptionnellement des changements qui ne concernent qu’une ou deux lettres dans le nom. En outre, l’application du code napoléonien en France a rendu impossible tout changement de nom à partir de 1792 ; dans le canton de Berne, les registres paroissiaux datent du XVle siècle et les plus anciens actes d’état-civil de 1800-1810. Cette règle se retrouve aussi dans les nombreuses branches américaines de mes différentes familles[3]. Les Schürch représentent une exception qui ne concerne que des branches émigrées (Emig, 2009). A noter que toutes n’ont pas modifiées leur nom d’origine. Les variantes connues du nom Schürch de Sumiswald sont :

  • nord-américaines : Scherch, Sherick, Sherrick, Sherk, Shirk.
  • alsaciennes : Schircker, Schirger.

Schürch est le patronyme de tout natif en Suisse ce qui évitera toute confusion. En effet, la méconnaissance de la langue suisse alémanique (allemand) et des règles et lois1 officielles (qui s’appliquent en généalogie) amène des descendants étatsuniens et canadiens à donner à leurs ancêtres suisse leur propre patronyme variant !

Table 2. Nouvelle liste des émigrants Schürch de Sumiswald (Suisse) vers les USA (voir aussi Fig. 2), établie avec Justin Houser (Emig, 2015b), et, modifiée et complétée ici. En rouge : des émigrants seuls ou parents, les autres émigrants sont des enfants des précédents.
(a) born in CH-Basel with parents born in Sumiswald / nés à Bâle de parents nés à Sumiswald - (b) children born in Switzerland and/or Germany / enfants nés en Suisse ou en Allemagne. Lancaster Co et Lebanon Co en Pennsylvanie ; Dade Co en Georgie ; Hamilton Co au Tennessee ; Ontario au Canada.

Emigrants in original name
(change of name)

birth Sumiswald except (a)

death
décès

emigration
date of arrival
(ship)

us
code

1

SCHÜRCH Hanss

1659
(or 1651)

-
(Lancaster Co)

-

2

SCHÜRCH Ulrich

1703

1766
(Lancaster Co)

23 septembre 1752
(St. Andrew) ou 1766

N

3

SCHÜRCH Johannes
(> Sherk)

1750
(ou 1745)

1837
(Ontario)

Vers 1774

-

4

SCHÜRCH Ulrich

1663

1739
(Lancaster Co)

24 août 1728
(Mortonhouse)

E

5

SCHÜRCH Ulrich
(>Shirk)

1704

1763
(Lancaster Co)

23 août1728
(Mortonhouse)

F

6

SCHÜRCH Johannes
(> Sherk)

1706

1789
(Lancaster Co)

23 août1728
(Mortonhouse)

G

7

SCHÜRCH Peter
(> Sherk)

1709
(or 1707)

1770
(Lancaster Co)

? 1728

-

8

SCHÜRCH Joseph
(>Scherch)

1710 (a)

1770
(Lancaster Co)

27 septembre 1727
(Goodwill )

C

-

SCHÜRCH Kasper
(>Sherk)

1713

1770

(Lebanon Co)

-

-

-

SCHÜRCH Michael
(>Scherch, Shirk)

1715 (a)

1757

(Lancaster Co)

-

-

9

SCHÜRCH Anna (b)

1707

1772
(Lebanon Co)

16 septembre 1748
(Patience )

-

10

SCHÜRCH Kasper
(>Sherrick)

1712

1770
(Lebanon Co)

15 mai 1732
(Norris)

H

11

SCHÜRCH Johannes (b)

1761

4 août 1805
(Liberty )

Y

12

SCHÜRCH Christian
(no name change)

1858

1926
(Dade Co)

1884
Hamilton Co

_

A partir de la liste de Sherk (1982), modifiée avec Justin Houser (Emig, 2015b ; Table 2), et en fonction de données suisses récentes, l’arbre généalogique ascendant des émigrants vers les USA (Fig. 2) comprend 8 membres, seuls ou en famille (partielle ou entière), sous les numéros 1, 2-N, 4-E, 8-C, 9, 10-H, 11-Y, 12 (Table 2). Au moins cinq de ces derniers étaient des Täufer (anabaptistes suisses), d’autres ont abjuré leur foi pour devenir réformé (zwinglianiste) et ont ainsi pu rester ou garder leur ferme, alors que de leurs enfants ont émigrés.

La généalogie des Schürch ne peut se concevoir sans prendre en compte les différents propriétaires et occupants des fermes, dont sont issus les émigrants, ainsi que les conditions des héritages au sein des familles bernoises (Braun, 1984).

Les fermes dans la généalogie des émigrants (Fig. 2, 3 ; Table 2 ; Pl. 1)

Le domaine Tanne, nommé aujourd'hui oberi Tanne, était un bien privé important qui, en 1429, passa sous l'autorité de Berne après la mort des propriétaires. La décision du Conseil du 27 septembre 1544 (p. 509 du Teutsch Spruch-Buch der Statt Bern, 1543-1545) a permis à Hanns Schürch (né vers 1520 dans cette ferme) le rachat du servage et de la ferme qui devient ainsi la Schürchtanne jusqu'à la fin du XIXe siècle ; ce domaine fut considéré comme étant un des plus vastes du Canton de Berne. Il en est de même pour son frère Peter qui s'installe dans la ferme de Hirseren, près de Ursenbach, à une dizaine de kilomètres au Nord de la Schürchtanne. Ci-dessous, transcription et traduction :

Hanns und Peter Schürch Fryung der Lybeigenschaft.

Wir der Schultheis und Rhat zu Bern thun kund und bekennend mit dissem Brieff, das wir uff demütige pit der erbern unsere lieben getrüwen Hanns Schürch zur Tannen in der Kilchhöbri Sumiswald und Peters Schürch ab Hirsseren in der Kilchhöbri Ursenbach, desshalb an uns gelanget, si ire Kind, erben und nachkommen der pflicht und schuld der Lybeigenschafft, mit der sy uns von unserem Schlass und Herrschaft Grünenberg har verbunden sind, ledig sind, ledig gelassen und gefreyt haben.


Hanns et Peter Schürch libre du servage.

Nous, Prévôt et Conseil de Berne, avisons et reconnaissons humblement, par cette lettre, comme héritiers nos chers et fidèles Hans Schürch de Tanne dans la paroisse de Sumiswald et Peter Schürch de Hirsseren dans la paroisse de Ursenbach, comme cela nous est parvenu, que leur enfant, héritier et descendant à cause de l'obligation et de la faute du servage, par lequel ils étaient liés à notre château et seigneurie Grünenberg, ils sont libres, laissés libres et obtenus la liberté.


Hanns and Peter Schürch free of serfdom

We, Provost and Council of Berne, advised and humbly acknowledge, by this letter, as heirs our dear and faithful Hans Schürch from Tanne in the parish of Sumiswald and Peter Schürch of Hirsseren in the parish of Ursenbach, as we reached that their child, heir and down because of the obligation and guilt of serfdom, by which they were bound to our castle and Lordship Grünenberg, they are free, left free and achieved freedom.

C'est donc en 1544 que débute l'histoire des fermes des Schürch à Sumiswald et environs. La Schürchtanne a été vendue en 1893. Seulement un mois après la vente, les bâtiments sont touchés par la foudre et en l'absence d'occupants furent réduits en cendre. En quatre mois, une nouvelle ferme fut érigée (Pl. 1). Les occupants successifs de cette ferme n’ont pas appartenu aux Täufer.

Fig. 3. Localisation des fermes Schürch à Sumiswald et environs (voir aussi Pl. 1). Données complètes sur le site web Emig

De Schürchtanne à Vogelgsang

Caspar Schürch, né vers 1585 à la ferme Schürchtanne, déménage avec son épouse Margaretha Trüssel dans le Val Kurzenei en 1611, puis en 1621 à Vogelgsang - seule existait à cette époque la ferme Unter-Gsang, située sur le flanc ouest du Val Kurzenei (ou Churzenei). Ils eurent 8 enfants. Il est difficile de savoir lesquels sont restés et se sont mariés à Vogelgsang. Leur fils Jakob se maria avec Anna Muhmenthaler, dont il eut 4 enfants, puis, il épousa en 1675, en secondes noces, Christina (ou Stini) Brechbühl, 7 enfants : toute la famille vivait à Vogelgsang et faisait partie des Täufer (anabaptistes) ; elle était très active dans le mouvement, ce qui leur vaudra des persécusions.

  • Avant 1675, leur fils Valentiny (1663-1685) qui est vacher émigre à Eschentzwiller en l'Alsace ; il fait un mariage catholique à Riedisheim, près de Mulhouse, avec une immigrante Elisabeth Kreyenbühl, venue du Canton catholique de Lucerne (Suisse). Toute la descendance jusqu’à nos jours est catholique.
  • Son frère aîné Kasper, né en 1648, se maria en 1688 avec Verena Burkhard et leurs trois derniers enfants [8-C, 9, 10-H] ont émigré seuls aux USA (Fig. 2 ; Table 2).

La ferme Vogelgsang est vendue entre 1715 et 1725 et le montant réparti entre les héritiers.

De Vogelgsang à Stegmatt

La ferme Stegmatt (ou Stägmatt), sise à la sortie Est de Wasen, appartenait à Jacob Schürch (1660-1748), fils de Peter Schürch (né en 1621) et de Verena Eggimann, avec son épouse Barbi (Barbara) Brand (1668-1736) qui est née dans cette ferme ; leurs enfants y sont nés. En 1689, Jacob abjure sa foi anabaptiste et obtient en compensation de devenir membre du Chorgericht (Consistoire) de l'église de Sumiswald.

De ses quatre fils, Ulrich(1703-1766) [2-N] se marie avec Maria Grundbacher, une fille née en 1701 au hameau voisin Hambühl, puis le couple émigre avec ses trois enfants [dont : 3], pour rejoindre l'oncle Ulrich (1663-1739) [4-E] qui a émigré en Pennsylvanie (USA) en 1728, avec sa seconde épouse Helena Meyer (1681-1741), et au moins 5 de ses enfants [dont 5-F, 6-G, 7].

La ferme Stegmatt a été vendue vers 1804.

Du Vogelgsang au Sattlerhaus

Schürch Hans est né en 1618 à Sumiswald où il vivait (probablement au Musterplatz). Son fils Jakob est né à Oberbipp et est décédé à Thunstetten.

Sébastian (1683-1769), fils de Jakob, s’installe au Sattlerhaus au hintere Schonegg [4] avec son épouse Barbara Heiniger (1683-1764) ; ce lieu s'appelait aussi vom Falz, puis Falzehaus. Leur fils Peter (1729-1775) y est né et y habita avec sa famille ; sa seconde épouse Verena Flückinger serait morte en 1807 à Tannenbad.

Parmi les enfants de Peter, Ulrich Schürch (1758-1835) et sa femme Christina Kupferschmid (✝ 1828) sont morts à Sattlershaus , tandis que le plus jeune enfant Johannes émigre aux USA en 1805 avec son épouse Elsbeth Grütter et leur enfants.

Du Vogelgsang au Tannhüserhaus

Hans (1673-1757), le dernier enfant de Jacob Schürch et de Stini Brechbühl, épousa Elsbeth Wisler en 1701 : ils sont allés s'installer au Steg dans le Schonegg et construisirent la ferme Tannhüserhaus dans le unterer Steg, loin de la ferme Vogelgsang où Hans est né. Il est le premier de la lignée des Tannhüser, dont aucun membre n’a été Täufer. Cette ferme a été construite sur le domaine appartenant aux Schürch depuis l’obtention du vaste domaine de la Schürchtanne au début du XVIe siècle.

Un seul émigrant vers les USA est connue dans cette branche familiale : Christian Schürch (1858-1926) avec son épouse Emma Zahnd (1864-1919) sont partis en 1885 peu après leur mariage en Suisse.

Planche 1. Quelques photographies des fermes Schürch dont sont issus les émigrants suisses vers les USA et leur ascendants à Sumiswald.


Ferme Oberi Tanne reconstruite à l’emplacement de la Schürchtanne
Vue du val Kurzenei – en contre-bas
la Vogelgsang (Unter Gsang)

Stegmatt
Les fermes Ober Gsang et en-dessous
la Vogelgsang (Unter Gsang)

Sattlerhaus
Tannehüserhaus -
Au fond on voit le toit de « Schürchtanne »

Conclusion

En conclusion, les seuls anabaptistes restés pratiquants parmi les Schürch de Sumiswald sont ceux qui ont émigré, notamment en Pennsylvanie (USA) : leurs descendants pourront comparer leur données avec celles de leurs ancêtres (Fig. 2 ; Table 2) et localiser les fermes d’où ces derniers sont partis (Fig. 3 ; Pl. 1). La visite des lieux ancestraux devrait ainsi être facilitée et permettra aux descendants de focaliser sur les lieux spécifiques à leur seule branche familiale. En effet, il est courant que des descendants étatsuniens considèrent que tout porteur du même patronyme est membre de sa famille [5], oubliant que seul un arbre généalogique établi sur documents officiels peut valider leurs liens familiaux réels.

Bien des recherches généalogiques sont encore à mener notamment pour les émigrants anabaptistes Schürch vers le Comté de Wurtemberg-Montbéliard (Emig, 2003, 2014a) : certains descendants sont ensuite partis vers la Pologne et la Russie, et de là vers les USA ; parmi eux des révérends mennonites devenus célèbres. D’autres ont émigré vers la France, mais peu était des anabaptistes.

Références

Becker J. A. (1997). Sherk: A genealogy of one line of the Sherk family tracing their lives in Switzerland, Pennsylvania, Humberstone Township in Welland Co., Upper Canada and South Dorcester Township, Elgin County, Ontario. Becker Associates, Toronto, 34 p.

Braun R. (1984). Das ausgehende Ancien Régime in der Schweiz. Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 328 p.

Emig C. C. (2009). Patronymic change of the name Schürch. Biannual Newsletter of the Schürch Family Association of North America, 27B, p. 6.

Emig C. C. (2013). Descendants d'Anna Schürch en Franche-Comté et en Alsace. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_01-2013, 47 p.

Emig C. C. (2014a). Généalogie Graber en Franche-Comté. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_02-2014, 15 p.

Emig C. C. (2014b). Quelques réflexions sur la Généalogie et sur son usage. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_03-2014, 11 p.

Emig C. C. (2015a). The Protestant genealogy in Alsace... remarks and advices. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_01-2015-en, 7 p.

Emig C. C. (2015b). Emigration Famille Schürch – Bürgerort Sumiswald. , 49 p.

Haas M. (1952). Quellen zur Geschichte der Täufer in der Schweiz. Theologischer Verlag Zürich, Bd. 3, 670 p.

Schürch L. (1998). Familiengeschichte der Schürch von Sumiswald BE. SGNS Mitteilungsblatt, 35, p. 1508-1547.

Schürch R. (2011). Schürch Häuser. SGNS Mitteilungsblatt, 48, p. 24-26.

Sherk T. A. (1982). The Sherk Family. Gateway Press, Baltimore, 357 p.

Shirk H. Y. (1914). The Shirk family history and genealogy - from 1665 to 1914. Elkhardt, Indiana, USA, 150 p.

Plus de références à : http://emig.free.fr/GENEALOGIE/eGenBooks.html



[1] Le terme émigrant a été choisi car cette étude traite des Schürch originaires de Sumiswald (Canton de Berne, Confédération suisse depuis 1353), dont ils sont partis vers les Amériques, où ils deviendront des immigrés, soumis aux lois de leur nouveau pays.

[2] L’identité d’une personne est établie par son acte de naissance : son nom de famille et se(s) prénom(s) et ceux de son père et mère (cette dernière portant son nom propre nom de famille et non celui de son mari). Ces données ne doivent et ne peuvent être ni modifiées, ni traduites, car elles sont à utiliser dans la langue écrite de l’acte. Une excellente connaissance de l’allemand gothique est nécessaire pour lire les registres bernois, alsaciens et allemands.

[3] Le seul changement est parfois le remplacement de l’umlaut, sans modification du nom. Par exemple, Wohlhüter, le nom de mon grand père, pasteur, qui épousa Martha Schürch : les branches américaines portent Wohlhüter, Wohlhueter ou Wohlhuter. Les émigrants Nadelhoffer (nom de mon arrière grand-mère) n’ont pas changé de nom, ni les Sturm (nom de ma grand-mère), etc.

[4] Il y a parfois confusion entre Schonegg qui signifie le « coin retiré » et Schönegg le « joli coin ». Ici, il s’agit bien de Schonegg ! Becker (1997) indique que le 11 février 1736, Barbara Grundbacher serait décédée au « Schoeneck, Pennsylvania ».

[5] Cet usage peut être considéré comme une falsification de l'identité d'une personne [voir ci-dessus note [1]; Emig, 2015 a]. Ceci est d'autant plus préjudiciable quand de tels faits sont publiés par une association de généalogie comme "http://www.schurchfamilyassociation.net/". Comme exemple (Fig. 4), le couple suisse Ulrich Schürch (transcrit sous Ulrich Sherk - 2-N) et son épouse Maria Grundbacher (transcrit sous Maria Grundbach) n'existe pas officiellement dans le canton de Berne, sous le patronyme transcrit, donc impossible de les trouver dans les registres paroissiaux bernois (Fig. 2; Table 2). Le patronyme suisse est exclusivement Schürch, à l'exclusion de tout autre !

Fig. 4. Capture d'écran d'après Schürch family database.
[agrandir >



Emig C. C., 2016. Emigrants Schürch de Sumiswald (Suisse) aux USA.
Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_02-2016, p. 1-10.

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Mise en ligne le 28 juin 2016 - © Christian - Nouveaux eCrits scientifiques